Lorsque Mark Weiser a développé le concept d’Ubiquitious computing dans son article intitulé « The computer for the 21st century » en 1991, il s’agissait dans un premier temps d’identifier le moment où l’homme serait confronté à l’utilisation de plusieurs PC dans son quotidien. Dans un deuxième temps, ce référentiel impliquait déjà les profonds changements sociaux qui allaient durablement mais sûrement modifier le mode de fonctionnement des sociétés industrialisées.
Une fois ce concept intégré, il est aisé de prendre conscience que le quotidien de chacun s’articule autour d’une vie sociale informatique : au travail nous partageons des informations capitales avec nos confrères par le réseau et de retour à la maison nous retrouvons des connaissances, plus ou moins virtuelles, sur les plateformes dites de socialisation comme MySpace ou FaceBook.
Vous le savez, l’activité économique et sociale de l’homme façonne son milieu. De fait, nous sommes en train de vivre une nouvelle évolution de l’ère industrielle. Il nous incombe d’y participer, ensemble, avec PEBA, pour ne pas être de simples spectateurs dans le développement et la perception de notre métier par les acteurs économiques.
Le champ des possibles qui nous est offert est impressionnant, nous nous devons de renouveler les référentiels existants en conformité avec les besoins du marché tout en apportant une dimension éthique à notre action. C’est très précisément le chantier que nous avons entrepris cette année avec la création d’un label qualité PEBA, une charte éthique pour les E-rencontres et une démarche commune dans la réponse aux appels d’offres.
Ce chantier est ambitieux bien qu’il comporte une satisfaction supplémentaire, un petit « je ne sais quoi » de divin : être présent en plusieurs lieux au même instant.
Qu’on se le dise, PEBA est une actrice économique ubiquiste et sociale !
ComWith est fier de lancer sa boîte à outils Tactile sous Licence GNU. Elle vous offre l’opportunité de réaliser votre propre CMS grâce aux Design Patterns.
Les Design patterns sont des solutions aux problèmes récurrents dans la conception de logiciels ou le développement d’applications.
Le principe est pourtant simple. Il s’agit d’intervenir dans la conception et l’interaction des objets, et ainsi fournir une plate-forme de communication élégante tout en évitant de réinventer la roue lors de chaque développement.
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Tactile Toolkit offre une approche architecturale pour le développement de votre propre CMS, dans le respect de la qualité, du coût et des délais.
Les clusters ou -version française- les pôles de compétitivité, porteurs de l’innovation, sont-ils de taille à affronter la compétition internationale dans le contexte de crise actuelle ? Ce 17 et 18 novembre, à Paris, environ un millier d’acteurs de l’innovation européens étaient réunis lors de la quatrième édition de la rencontre «Paris Région innovation tour », organisée par l’agence de développement économique Paris développement.
Ce rendez vous s’est conclu par une table ronde où sept représentants de pôles de compétitivité labélisés Paris Région ont évalué l’intérêt et la possibilité de collaborations entre clusters au niveau européen. Ces derniers sont 900 aujourd’hui, répertoriés en Europe, d’après François Xavier Level, représentant Europa Intercluster, agence européenne de coopération entre clusters.
Est ce trop ? Comment en faire des outils efficaces au plan international ? Pour Jean Daniel Tordjman, ambassadeur délégué aux pôles de compétitivité, “la solidarité, fondamentale en Europe, doit se traduire aussi par une complémentarité des pôles de compétitivité”. Pour Dominique Vernay, président de System@tic, spécialisé dans le systèmes complexes, comme les systèmes embarqués, “cette crise est l’occasion de se demander comment attendre une taille critique, à collaborer plus avec d’autres pays comme l’Allemagne, le Royaume-Uni pour être en mesure de rivaliser avec la Chine ou les Etats-Unis”. D’autres, comme Olivier Muron, vice président de Cap Digital et Alain Coutrot, président du pôle Astech, spécialisé dans l’aéronautique, ont déjà ou sont en train de préparer des collaborations avec des acteurs européens.
Collaboration à petits pas
Reste à savoir sous quelle forme : simple échange de « best practice », comme lors de cette réunion parisienne, création d’une structure commune pour un projet limité comme la réponse à un appel d’offre européen, ou véritable intégration comme dans le nord de l’Europe, s’interroge François Xavier Lebel. Pour l’instant, si ce dernier note une “appétit de collaboration“, ces projets vont rarement jusqu’à l’intégration.
Pour cela, encore faudrait-il, “définir des règles du jeu communes au niveau européen”analyse Alain Coutrot. Un défi qui n’est pas évident à relever, si l’on prend l’exemple de Mov’eo, pôle de compétitivité spécialisé dans l’automobile. “Comment se mettre d’accord sur une coopération, alors que les gouvernements français et allemands se disputent sur les normes d’émission des automobiles ?” a relevé Jean Rognetta, animateur de la table ronde. Autre question soulevée par les possibles intégrations européennes : faut-il les regrouper géographiquement ? Pour Alain Coutrot et Jacques Lacambre, président directeur général de Mov’eo, les collaborations à distance peuvent très bien fonctionner, si le projet est défini à l’avance. Dans l’hypothèse inverse, se pose alors la question de la compétitivité des territoires.
PDC 2008 : Ray Ozzie, architecte en chef de Microsoft, donne sa vision d’Azure
Auteur: DDpar Emmanuelle Delsol / IDG News Service
L’architecte en chef de Microsoft, Ray Ozzie, a officiellement enfilé les souliers que chaussait Bill Gates, devenant ainsi le leader du vaste réseau de développeurs de l’entreprise, essentiel à l’activité de Windows. A ce titre, il a prononcé le discours d’ouverture de la Professional Developers Conference (PDC) à Los Angeles lundi, et a présenté Windows Azure, l’environnement de ‘cloud computing’ de Microsoft. Nos confrères de IDG News Services ont pu le rencontrer et lui demander des détails sur les annonces de la conférence.
IDG News Service : Windows Azure a pour but d’aider les développeurs professionnels à développer sur le Web. Mais il semble que ce soit aussi un moyen pour Microsoft de porter ses propres applications en ligne. Pouvez-vous nous détailler ces deux objectifs ?
Ray Ozzie :Nous surveillons en permanence les tendances technologiques en cours. Et dans ce cadre, nos ingénieurs système se sont logiquement de plus en plus intéressés au fonctionnement des systèmes sur Internet à grande échelle. Et après une étude approfondie du sujet, nous sommes arrivés à la conclusion qu’il y avait un nouveau rôle à jouer pour une troisième couche d’informatique, l’informatique dans les nuages. Il y a le niveau du PC, le niveau de l’entreprise avec les serveurs Windows, et maintenant il y a le ‘cloud’ qui dessert tout le Web.
J’ai écrit un texte sur le sujet dès décembre 2005 et nous en avons parlé tout au long de l’année suivante. Et ce n’était pas tellement à cause du ‘cloud’ d’Amazon. Bien que j’aie beaucoup de respect pour ce qu’ils font, leur modèle est plus ou moins un modèle d’hébergement avec des systèmes d’exploitation existants qu’ils ont installés sur le ‘cloud’. Une fois ceci posé, il a fallu penser à ce que cela changerait pour les développeurs, aux bénéfices que cela apporterait aux entreprises sur le long terme, etc. Le projet a donc déjà quelques années. Et nous avons commencé à évaluer la façon dont nous pouvions porter nos applications métiers en ligne sur cette plateforme et comment cela aiderait nos applications grand public comme Hotmail. Mais une fois la décision prise de faire un “Windows in the cloud”, nous nous sommes dits : “si on bâtit ces API pour nous, en interne, faisons aussi en sorte de les rendre disponibles au-delà de Microsoft, car tout le monde y trouvera tout autant de bénéfices que nous. Même sans avoir forcément des centaines de millions de services aux utilisateurs comme nous.
Selon vous, Azure ne se résume pas à prendre des éléments et à les installer sur le ‘cloud’. Pouvez-vous nous dire pourquoi ?
Je vais prendre une analogie que j’utilise souvent. Imaginons que mon collègue Richard m’envoie une balle de tennis. Puis, il m’en envoie une deuxième, puis une troisième. Je pourrais sans doute jongler avec ces trois là. Mais à chaque fois que j’en attrape une, je fais ce que l’on appelle une « montée en puissance » (scale up) dans l’entreprise. Je suis l’ordinateur et je fais cela aussi bien que je peux. Maintenant, imaginons que Richard m’envoie 100 balles de tennis. Il y a des limites à ce type de montée en puissance : si j’échoue, toutes les balles tomberont sur le sol. Cependant, si à plusieurs, en tant que groupe, nous décidons d’attraper les balles chacun à tour de rôle, il y a une chance que nous puissions attraper toutes les balles qu’on nous envoie. De plus, si une balle tombe, peut-être que quelqu’un la ramassera. C’est que l’on appelle le ’scale out’. En informatique, cela signifie que plus on traite de tâches, plus on peut ajouter de choses, et que ça marche.
Jusqu’ici, les systèmes que concevions pour les entreprises étaient vraiment des modèles ’scale-up’. On construit un système et on essaie d’ajouter du matériel pour le rendre de plus en plus imposant, et soutenir des entreprises de plus en plus grandes, mais de temps en temps, cela s’écroule. Des outils comme Notes ou Exchange ont des histoires de ce type. Hotmail, en revanche, a commencé exactement sur le mode inverse, sachant qu’il allait devoir s’adapter à des centaines de millions d’utilisateurs. Il y a un procédé qu’on utilise pour repenser une application d’entreprise et l’adapter à quelque chose de très ample et très horizontal. On l’a fait avec Exchange, et on va le faire avec de plus en plus d’environnements.
Pour les utilisateurs à qui j’ai parlé, le plus grand bénéfice d’un tel environnement c’est que les applications ne dépendront plus de l’OS du poste de travail. Et on n’aura plus à se soucier de questions de compatibilité en particulier. Mais le client Windows reste une part massive de l’activité de Microsoft. Alors comment allez vous faire évoluer Windows - à commencer par Windows 7 - pour tirer tous les avantages d’Azure ?
Attention, séparons bien les choses. Ce que vous avez vu à la PDC c’est l’informatique dans les nuages. La partie Windows Azure n’a pas de corrélation directe avec des machines, ordinateurs ou autres périphériques. Les gens achètent des machines pour leurs fonctions, pour leurs coûts ou les applications qui tournent dessus. Windows 7, Windows 8, Windows 9, tous les futurs Windows auront de toute façon du succès si ils exploitent au mieux les innovations du matériel.
Par ailleurs, comment gérez-vous la concurrence qui vient de deux côtés : il faut surveiller Google sur l’aspect services Web et en même temps s’occuper de l’Open Source. Sans oublier que Google essaie de s’attaquer à la bureautique. N’est-ce pas un peu délicat ?
Il y a bien plus de concurrence que ça ! Beaucoup plus. Pour les applications métier, il y a SAP et Salesforce.com. Cela dit, chaque fois que Microsoft a du mener une rude bataille concurrentielle, sa culture s’est enrichie. Du coup, quand un nouvel affrontement s’annonce, l’entreprise n’est pas paralysée. Les gens se dissent : « Ah, encore. Je suppose qu’il va falloir changer de cap et s’occuper de ce défi. » Sans nul doute, l’un des plus gros chocs a été l’Open Source. Mais qu’allait-il se passer si on ne valorisait plus le logiciel ?… Bien sûr, ça n’a pas été le cas. Et cela a même créé de nouvelles opportunités puisque les entreprises ont dû intégrer nos produits avec ceux de l’Open Source.
Dans Windows 7, vous allez enlever certaines applications pour les installer dans Windows Live. Comment voyez-vous évoluer l’OS alors que vous allez de plus en plus vers des services hébergés ? Est-ce qu’il devient un environnement de contrôle qui agrège et gère tous ces services hébergés ?
C’est une perspective intéressante. La raison pour laquelle nous avons extrait certaines applications de l’OS, c’est qu’elles ont désormais besoin d’une composante logicielle et d’une composante service. Le principe du service qui fait la mise à jour du logiciel en fonction des évolutions semble mieux adapté à ces outils comme Movie Maker ou Photo Gallery. Cela se fera de plus en plus.
Aujourd’hui, il y a tellement de postes de travail et de périphériques différents à faire fonctionner ensemble… L’objectif de l’OS proprement dit sur une machine, qu’il s’agisse d’un téléphone ou de quoi que ce soit d’autre, c’est vraiment de faire en sorte que le matériel et l’utilisateur s’entendent. L’objectif des applications, c’est de rendre la plus transparente possible la relation entre PC, service et téléphone. Mais, l’objectif de l’OS, c’est de tirer toute la valeur de la machine.
Comment l’OS pourra-t-il à la fois tirer tous les avantages du matériel sur lequel il tourne et tous les avantages du Web ?
L’OS installé sur les machines aura de base des fonctions de connexion au Web. Comme le navigateur. Comme Windows Update. Je ne parle que de connexions de base au Web. Nous devons nous limiter car nous continuons de vendre Windows à un large public qui n’a pas forcément une connexion à Internet de grande qualité. Puis, les éléments qui permettront une connexion plus riche à Internet utiliseront justement Internet pour récupérer ce genre de services. Nous ferons en sorte que Windows possède suffisamment d’API ouvertes pour récupérer ces éléments, les intégrer à l’interface utilisateur pour qu’ils aient l’air d’extensions naturelles.
Source : Le monde Informatique
Après les serveurs, le stockage et les postes de travail, VMware veut porter la virtualisation jusque sur les téléphones portables. Il utilise la technologie du Grenoblois Trango Virtual Processors acheté en octobre.
VMware à décider d’explorer un nouveau domaine de virtualisation, celui des téléphones portables. Pour ce faire, il a tout simplement acheté la société grenobloise Trango Virtual Processors, spécialisée dans ce type de technologie. VMware commercialisera le savoir-faire de Trango dans son nouvel hyperviseur MVP (Mobile Virtual Platform).Développé en priorité pour les processeurs ARM (architectures 4, 5 et 6) et MIPS (MIPS32 et 64), celui-ci s’adapte parfaitement aux contraintes propres aux mobiles : consommation énergétique faible et mémoire interne restreinte.
Au delà de la performance technique qui consisterait à faire tourner Windows Mobile sur un téléphone Symbian par exemple, la virtualisation a une utilité bien concrète dans les sociétés où les salariés font un usage personnel de leur téléphone professionnel ou l’inverse. Les services informatiques pourraient ainsi utiliser MVP pour créer deux profils : l’un purement professionnel avec les applications métiers de la société et le niveau de sécurité nécessaire pour protéger le réseau d’entreprise, et l’autre mis à disposition du salarié pour un usage privé à ses risques et périls (notamment avec le téléchargement de jeux et autres sonneries). La virtualisation jouant en quelques sortes le rôle d’isolant entre les deux.
Les premiers mobiles équipés à partir de fin 2009
Pour l’instant, le MVP d’une taille oscillant entre 20 et 30 Ko fonctionne avec les téléphones sous Linux, Windows CE 5.0 et 6.0, eCOS et Symbian. La société travaille d’ores et déjà à un portage sur Windows Mobile. A l’heure actuelle, VMware veut se rapprocher des constructeurs de mobiles pour implanter son hyperviseur dans leurs produits. Aucun nom n’a encore été annoncé, mais l’éditeur espère voir les premiers appareils équipés de virtualisation fin 2009 ou début 2010. Mais sur le marché des mobiles, la concurrence entre hyperviseurs s’annonce aussi rude que sur le marché des serveurs. Outre Trango, d’autres sociétés telles Virtual Logix et Open Kernel Labs travaillent à leur propre solution, sans le soutien financier d’un grand groupe. Pour l’instant…
Source : Le monde Informatique
Plus que jamais, les internautes français aiment faire leurs emplettes sur Internet. A preuve, la croissance du commerce en ligne ne montre pas de signe de faiblesse. C’est en tout cas, le premier constat que l’on peut tirer de l’étude publiée, mardi 18 novembre, par la Fédération e-commerce et vente à distance (Fevad). Elle estime que les ventes sur le Web ont progressé de 27 % au troisième trimestre 2008. Un taux de croissance que bien des secteurs lui envieraient.
Doit-on pour autant estimer que le commerce en ligne bénéficie d’un microclimat protecteur ? La réponse est non. La frilosité des consommateurs est perceptible dans les rayons des cyberboutiques comme dans les linéaires des magasins. Un chiffre suffit à illustrer le paradoxe. Pour la première fois, le panier moyen d’un achat ne progresse plus. Il reste stable à 94 euros. Mais l’impact des inquiétudes sur le pouvoir d’achat est masqué par deux facteurs qui dynamisent le marché. D’une part, le nombre croissant de Français qui succombent à l’achat en ligne. Selon Médiamétrie, 3 millions de nouveaux adeptes ont été recrutés en un an. D’autre part, la multiplication du nombre de sites marchands. La Fevad estime leur nombre à 45 000, soit une progression de 40 % en un an.
BAISSE DU PRIX DES MARCHANDISES
Pris individuellement, les sites de commerce en ligne ressentent les effets de la crise. “Même si nous restons plus dynamiques que la distribution traditionnelle, nous sentons des signes de ralentissement depuis cet été. En octobre, nous avons connu un recul de notre activité et le panier moyen baisse de 15 %”, reconnaît Jean-Emile Rosenblum, patron de Pixmania.
Chez Brandalley aussi, ce panier est en baisse. “Il est passé de 65 à 45 euros”, reconnaît son fondateur Sven Lung, qui précise, “en octobre, on a noté sur une vente d’une grande marque de mode, une diminution de notre chiffre d’affaires, de 100 000 euros à 50 000 ou 60 000 euros”. Quand à RueDuCommerce, un des rares sites à publier ses résultats financiers, cotation oblige, il affiche un chiffre d’affaires en repli de 2,3 % sur le troisième trimestre. Raison invoquée par Gauthier Picquard, son PDG : “Nous avons pris la décision de vendre moins et de préserver nos marges.”
Les sites de commerce en ligne sont, en effet, soumis à la baisse du prix des marchandises. Les fabricants, confrontés à des problèmes de stocks, multiplient les remises. Cette spirale baissière est particulièrement sensible dans le secteur du high-tech. ”Le prix d’un téléviseur 40 pouces haute définition est passé de 1 400 à 800 euros“, constate M. Rosenblum. Or, cette déflation se double d’une évolution du comportement des internautes. “Le consommateur cherche le bon prix, la promo. Il monte moins en gamme. Les clients potentiels cherchent, comparent, préparent leurs achats”, analyse M. Picquard. D’où, une augmentation sensible du trafic sur les sites, une hausse du nombre de transactions, sans que cela se traduise par une progression équivalente du chiffre d’affaires.
Dans ce contexte, les sites s’adaptent. Certains, comme Vente-privee. com, profitent de l’effet d’aubaine des déstockages pour multiplier les ventes et nouer des accords avec de nouvelles marques. “Nous avons travaillé avec 250 nouvelles marques cette année et nous espérons passer de 1 300 à 1 700 ventes en 2009″, affirme Jacques-Antoine Granjon qui estime que le chiffre d’affaires de son entreprise devrait atteindre 600 millions d’euros cette année contre 420 millions en 2007.
D’autres sites tentent d’inciter le client à acheter. BrandAlley évoque le recours à la livraison gratuite. Quand à RueDuCommerce, il a décidé d’abaisser ses conditions de paiement en trois fois. Le seuil est passé de 300 euros minimum à 90 euros. Enfin, tous multiplient les opérations promotionnelles censées convaincre le chaland de desserrer les cordons de sa bourse.
En terme de stratégie, les sites cherchent des relais de croissance. RueDuCommerce et Pixmania, centrées à l’origine sur la vente de produits high-tech, ont ouvert des galeries marchandes pour héberger d’autres sites marchands. Vente-privée.com exporte son modèle dans d’autres pays européens et BrandAlley vient de créer un nouveau site de ventes réservées aux marques de luxe.
Source : www.lemonde.fr
Les voyageurs d’affaires qui pouvaient, l’instant d’un vol, oublier leurs e-mails et leurs conversations téléphoniques professionnelles ne vont plus rester tranquilles très longtemps.
Les compagnies aériennes s’équipent progressivement de systèmes pour permettre à leurs clients de garder le contact avec la terre ferme. Dans le courant de l’année 2009, il sera possible de consulter ses messages à 10 000 mètres d’altitude. Ainsi, c’est le dernier endroit où l’on pouvait déconnecter au sens littéral du terme qui disparaît.
Car partout ailleurs sur Terre, il existe au moins une solution pour pouvoir se brancher à l’Internet, sans avoir à se charger. Désormais, via les réseaux de télécommunication à grande vitesse, les téléphones sont reliés à la Toile. De la même manière, il est possible de surfer sur le Web n’importe où, avec un ordinateur, d’autant plus que ces derniers rétrécissent et deviennent plus légers.
Et il n’y a pas que ces machines communicantes qui soient connectées au réseau. Appareils photos, caméscopes, téléviseurs, consoles de jeux et même réfrigérateurs peuvent se brancher à l’Internet. Un gadget ? De moins en moins. Les jeunes appartenant aux réseaux sociaux de type Facebook veulent pouvoir facilement partager leurs photos ou leurs vidéos avec leurs amis virtuels ou réels. Les plus âgés souhaitent pouvoir faire communiquer sans difficulté les différents équipements électroniques qu’ils sont de plus en plus nombreux à acheter.
C’est l’enjeu des prochaines années : un Internet des objets.
Un monde où, par exemple, le téléviseur de son lieu de villégiature est capable de lire une vidéo téléchargée sur son ordinateur domestique.
Et il ne paraît plus complètement inconcevable qu’un jour où l’autre, avec l’aide des nanotechnologies, cette mécanique de l’infiniment petit, nous soyons nous-mêmes reliés au réseau. Pour le meilleur ou pour le pire ?
Source : www.lemonde.fr
La France est le premier contributeur (52 %) du projet de bibliothèque numérique européenne, Europeana, lancé jeudi 20 novembre à Bruxelles par José Manuel Barroso, président de la Commission européenne et Viviane Reding, commissaire en charge de la société de l’information, avec les ministres de la culture de l’Union européenne. Le projet constitue le point d’orgue culturel de la présidence française de l’Union européenne.
Europeana a pour ambition de devenir un portail en ligne multilingue qui permettra de rassembler sur un seul site tous les trésors culturels numérisés des bibliothèques, musées et centres d’archives des vingt-sept pays membres. D’où la comparaison avec la mythique bibliothèque d’Alexandrie, qui avait réuni tous les savoirs de l’Antiquité, avant de brûler.
La bibliothèque Europeana, dont le prototype avait été lancé en mars 2007 par les Français, en association avec les Portugais et les Hongrois, avant d’être adopté par les Vingt-Sept, est conçue comme une réponse au projet de numérisation pharaonique lancé par le moteur de recherche américain Google. Le géant américain annonce avoir déjà numérisé 7 millions de livres à travers son programme Google Book Search.
A partir du 20 novembre, deux millions d’objets culturels numérisés (des livres, mais aussi des peintures, des photos, des films, de la musique….) seront consultables gratuitement sur Internet.
DES PARTENARIATS PRIVÉS OU PUBLICS
En France, la Bibliothèque nationale de France (BNF), présidée par Bruno Racine, s’est associée à l’Institut national des archives (INA), à la Cité de la musique, à l’Institut de recherche et coordination acoustique-musique (Ircam) et au portail culture.fr. L’équipe d’Europeana s’est installée dans les locaux de la bibliothèque royale des Pays-Bas.
Les données numérisées seront accessibles dans les 21 langues de l’UE. Pour le moment, ce contenu ne représente que 1 % du fonds de toutes les bibliothèques européennes. “L’objectif est d’atteindre, voire de dépasser 10 millions d’objets culturels d’ici à 2010″, a annoncé la commissaire européenne, lundi 17 novembre, lors du Forum d’Avignon (Le Monde du 20 novembre).
La Commission ne finance pas la numérisation des données, mais elle a revanche prévu une enveloppe de 120 millions d’euros sur 2009 et 2010 pour en améliorer les techniques et de 40 millions pour aider au multilinguisme et investir dans les programmes de traduction automatique.
C’est aux Etats de nouer des partenariats privés ou publics pour mettre en oeuvre la numérisation. Avec les 8 millions d’euros attribués par le Centre national du livre, la France a montré l’exemple. L’avenir dira si la crise économique ne va pas réduire les ambitions du projet européen.
Source : www.lemonde.fr
Depuis l’élection de Barack Obama, il n’est plus permis de snober Twitter. Il l’utilise, lui. 129 000 abonnés ont eu pendant sa campagne le privilège de recevoir sur leur ordinateur ou leur téléphone portable le message : “Barack Obama vous suit maintenant sur Twitter” et d’être informés personnellement de ses activités quotidiennes, avant la presse. Jusque-là, Twitter était un peu la Kate Moss des outils de communication : une nouvelle technologie d’une simplicité d’utilisation presque anorexique et d’une discrétion, disons, très court vêtue, adorée ou détestée car elle permet d’être l’envoyé spécial de son propre quotidien (”Je mange une banane avec du Nutella”) et le voyeur permanent de celui des autres (”Je suis ruiné mais content : McCain a perdu”). Sous ses airs sexy et inutiles, Twitter a tout simplement aboli la barrière des espèces entre ordinateur, téléphone portable et messageries instantanées (comme MSN, Skype ou Gtalk). Il permet de communiquer avec ses amis ou le monde entier depuis n’importe lequel de ces terminaux sur une plateforme indépendante, où coule jour et nuit le roman fou de mille vies et conversations croisées, offert à tous les yeux.
Twitter signifie gazouiller. Un message sur Twitter se nomme un “tweet”, à ne jamais orthographier “twit”, qui veut dire “idiot du village”. Un charmant bruit de fond de leur vie sociale, c’était l’idée innocente que se faisaient les développeurs Biz Stone, Jack Dorsey et Evan Williams d’un petit prototype, bricolé en deux semaines en avril 2006, pour s’offrir une fantaisie. Ce tableau d’affichage universel pour Post-it électroniques allait les libérer de tous les fils à la patte technologiques (câbles, batteries, ordinateur, absence de Wi-Fi, incompatibilité de formats) pour garder le contact avec leur bande. Avec une seule contrainte : 140 signes (espaces compris) au maximum imposés par le format des textos (160 signes) moins 20 signes réservés à l’identifiant de l’expéditeur et des bricoles techniques. Ils mirent en place deux fonctions très simples : “Suivre” (follow), pour s’abonner aux messages d’une personne, et “Etre suivi” (followed). Pour logo, ils choisirent un petit oiseau qui aurait aussi bien fait l’affaire sur un site de tricot. Et, très optimistes, ils baptisèrent la page du service clients Get Satisfaction.
L’innocent oiseau est toujours là, mais Twitter vit depuis des heures hitchcockiennes. Partie de rien, la fréquentation a augmenté de 466 % depuis septembre 2007. GigaTweet, le compteur conçu par un fan de Twitter, se prépare au milliardième tweet. A 9 h 09, le 10 novembre, nous en sommes à 998 471 000. Tout est parti de ses utilisateurs, une nouvelle diaspora d’humains très mobiles, adultes et actifs, avec pour la plupart un long passé sur Internet, tous volontaires pour une nouvelle forme d’intimité numérique extrême et permanente. Soit environ trois millions de personnes, dont 21 000 en France et zéro au Puy-en-Velay. Pour l’instant.
Le premier secret de la fièvre Twitter semble être : 140 signes, pas plus. Dans cet espace exigu, une nouvelle sténographie des conversations est née. Le jeu est de faire nicher autour de l’information, dans un espace subliminal, l’ironie, l’humeur, les sentiments. Dès que les pionniers sur Twitter ont trouvé le moyen de communiquer entre eux, en collant un @ au nom de l’utilisateur que l’on cherche à joindre, un réseau social pouvait naître.
On y trouve maintenant autant des hommes d’affaires que les @twitteritas (”les filles qui aiment twitter”), toujours prêtes à organiser un tweet-up (réunion de personnes rencontrées sur Twitter) ou les @twittermoms (les mamans qui twittent) qui en font leur square virtuel pour papoter à distance. Ici, pas de règles, sinon de faire court : chacun est libre de lire ou de participer, de l’utiliser comme talkie-walkie mondial, comme un Google de l’opinion, ou comme un juke-box d’informations, en posant des questions à la communauté.
Pour décrire leur créature, Biz Stone et Jack Pearce parlent de “microblogging” (blog de poche ? blog de brousse ?), ce qui horripile les vrais “twittereurs”. Le blog est un salon, qui exige du temps, un fauteuil confortable, et un propos. Twitter est mobile, un échange bref qui fuse et s’éteint, mais peut être ranimé à tout instant.
Eric Suis-je fou ? Je viens d’acheter 1 000 actions Alcatel
Claire@Eric Combien, l’action ?
Eric@Claire 1, 70 €
On manque aussi de mots pour décrire les sensations que procure Twitter. La secrète satisfaction de lire que les PDG s’ennuient au bureau, eux aussi, et qu’ils l’avouent sur Twitter pendant les conseils d’administration. L’émerveillement toujours renouvelé d’obtenir une réponse fulgurante de l’autre bout du monde à une question pointue, envoyée par texto sur Twitter depuis sa cuisine.
Claire Pour recette cookies US. C’est combien 8 onces ?
FengHongkong 8 onces, c’est une tasse.
Et comment définir le vertige de se trouver physiquement dans le métro parisien, le téléphone au creux de la main, branché sur son compte Twitter. Mais aussi à l’aéroport de Munich avec Eléonora (“Retard. Et pourtant, c’est KLM.”) Devant le Frigo de Preetam, en Malaisie (“J’ai envie d’un biriani.”) Au Salon de l’Auto (“Sarkozy arrive au stand Renault.”) A la maternité avec Mona (“Dépassé terme depuis 2 jours.”) Pris dans une conversation entre des inconnus (“C’est moi qui ai pris les DVD” , “J’avoue, je n’ai jamais lu Le Clézio”). Sois sage, ô ma migraine : ce ne sont que nos synapses qui s’adaptent à une nouvelle ubiquité mentale.
L’autre secret de l’intimité spontanée qui naît entre inconnus sur Twitter est le “je”. La NASA l’a appris par hasard. Véronica McGregor assurait la communication de la mission Phoenix en route vers Mars quand il fut décidé d’ouvrir le compte twitter @MarsPhoenix pour que les passionnés puissent lire les brèves depuis leur téléphone mobile, un jour férié. Mais comment parler astrophysique en 140 signes ? “J’écrivais le vaisseau spatial a parcouru… et déjà, la moitié de l’espace était occupé. J’ai commencé par supprimer des mots. Puis j’ai fini par dire Je , comme si j’étais la sonde Phoenix. C’est moins long.” Passé le choc de recevoir depuis Mars le message :
MarsPhoenix ”Atterrissage génial ! J’ai pris l’air pendant quelques secondes en chute libre, avant ouverture parachute. Wheee !“
les abonnés ont adopté la petite voix malicieuse, devenue une star avec 36 484 “followers”. Les questions de fans au petit robot sont si nombreuses que Véronica y consacre ses journées et le fera jusqu’à épuisement des batteries de son double sur Mars.
Tout le reste n’est que surprises. Personne n’avait prévu que les utilisateurs inventeraient spontanément de nouveaux usages, et que le joujou Twitter donnerait le meilleur de lui-même dans l’extrême : l’urgence, la crise, l’actualité à son point d’ébullition.
Le 29 juillet dernier, à Los Angeles, à 11 h 42 du matin, l’utilisatrice @thevixy a officiellement battu l’agence Associated Press de neuf minutes en lançant l’alarme d’un seul mot sur Twitter :
thevixy Earthquake
Durant cet intervalle, le mot “earthquake” (tremblement de terre) a surgi 3 600 fois sur la plate-forme Twitter.
Lors du passage de l’ouragan Gustav sur le Middle West, à Edmond, en banlieue d’Oklahoma City, le dialogue sur Twitter entre habitants et anges gardiens lointains ne s’est jamais interrompu.
Terrystorch Dans placard avec famille. Tornade !
Flowerdust Dégâts sur Edmond. Tweets d’Edmond, donnez de vos nouvelles, s’il vous plaît !
Theblanchard Electricité vient de sauter
Flowerdust Tornade touche terre. Sur Penn Street et la 178e.
Terrystorch @Flowerdust Où, à Edmond ?
Flowerdust Tweets d’Edmond, soyez prudents ! Terrystorch ???
Dès juillet 2007, convaincue par l’utilisation spontanée et efficace de Twitter durant les feux de forêts californiens, la Croix rouge américaine avait ouvert sur Twitter son service @Safe&Well (Sain & Sauf). 20 212 personnes ont utilisé ce central où les rescapés des catastrophes naturelles peuvent laisser un message pour leurs proches : nom, état de santé, lieu où ils se sont réfugiés Twitter a déjà ses légendes. Twitter sauve des vies, ce qui est vrai. Twitter vous évite la prison. En Egypte, le 6 avril dernier, il a suffi à James Buck, un étudiant américain raflé pour avoir pris des photos d’envoyer un seul mot par SMS sur son compte Twitter :
James Buck Arrested
L’alerte a aussitôt mobilisé ses “suiveurs”, puis son université qui l’a fait libérer. La belle histoire ne mentionne pas que son accompagnateur égyptien a écopé de trois mois de prison et que tous les opposants au Moyen-Orient ou d’ailleurs utilisaient Twitter depuis ses débuts comme PC virtuel pour coordonner leurs actions et agir vite en cas d’arrestation d’un des leurs.
Quand tout est détruit, quand les frontières sont fermées, Internet absent ou interdit, il reste cette nouvelle plate-forme, accessible depuis les téléphones mobiles, pour créer des ponts entre individus ou continents.
Au lendemain du cyclone Nargis en Birmanie, May, une étudiante birmane, a spontanément ouvert depuis Fidji où elle vit le fil d’infos temporaire @mmblogs sur Twitter pour rassembler et traduire en anglais et birman, toutes les informations disponibles sur le Net et par son réseau. Kenya, Inde, Pakistan… Après chaque désastre ou attentat, les témoins sur les lieux sont devenus via Twitter les premiers et souvent uniques envoyés spéciaux. C’est vers eux, toujours sur Twitter, que se tournent les diasporas inquiètes pour obtenir des informations sur leur famille ou leur village.
Alors qu’il s’agit d’une utilisation encore confidentielle, les twittereurs chinois et étrangers concentrés sur Pékin lors des Jeux olympiques ont donné un avant-goût de ce que pourra être la couverture des grands événements par ce nouveau média. Des centaines de fils d’infos thématiques de passionnés ont écrit le minute-par-minute de chaque discipline ou athlète, même obscur, tandis que les spectateurs, armés de leur téléphone portable, se chargeaient des “tweets d’ambiance” par textos.
terencelau Sur Tiananmen – vu un type blanc en robe de Jésus, grande barbe, croix géante autour du cou. bizarre marcvanderchijs Il y a 91 000 sièges dans le Nid d’oiseau et j’ai réussi à voir mes parents de l’autre côté stade.
tchang Rassurez-moi. Usain Bolt est bien un humain, n’est-ce pas ? : )
fotograaf Je fais la fête au Club China Doll, à Pékin. Mais que font tous ces athlètes ici ??!!?
olaerik Norvège ! Médaille d’or ! Hey Hey ! Norvège !!!!!
chadcat Quelqu’un a des billets pour tennis Chine-Japon vendredi ?
La Chine avait pris soin de faire fermer les clones chinois de Twitter, mais elle ne pouvait brouiller tous les réseaux. Le 14 août dernier, dans un contexte explosif pour les cyberdissidents chinois, c’est sur Twitter que le “subversif” blogueur @Zuola a lui-même chroniqué, sans doute pour la toute première fois, son interpellation.
zuola Les deux personnes venues ce matin sous prétexte que j’ai violé la loi de l’enfant unique sont ici avec directeur de la sécurité Mr Liu, maintenant. Ils m’ont obligé à les suivre. 16 h 08
zuola Suis dans véhicule immatriculation A 94360 sur la route de Meitanba, il y a quatre personnes dans véhicule. 17 h 20
Envoyés sur Twitter depuis son Blackberry, à la barbe de son escorte, les tweets de Zuola avaient fait le tour du globe avant même qu’il soit fixé sur son sort. En fin de journée, le Twitter-Tintin était chez ses parents, simplement assigné à résidence. Mais la nouvelle, emportée aux quatre coins du monde par les flux RSS, avait pris un air d’atteinte majeure aux droits de l’homme. D’un maniement délicat, Twitter s’impose cependant en tant qu’outil de veille sur l’actualité et les opinions, au point d’avoir maintenant sa propre émission sur CNN, “Rick Sanchez Direct”.
L’intérêt de ce nouveau moyen de communication n’a pas échappé aux gens sérieux. Des clones de Twitter pour l’entreprise, bien moins ludiques, mais plus rentables, sont en développement. Les DRH accepteront-ils un jour les arrêts-maladie envoyés de notre portable, en 140 signes, avec lien vers l’ordonnance en ligne du médecin ? Rien n’est impossible.
D’autres sensations nous attendent. Couplée à Twitter ou l’un de ses nouveaux concurrents, une géolocalisation fine par GPS permettra de visualiser qui parmi vos “amis” électroniques ou réels se trouvent physiquement à proximité. Ce qui laisse présager quelques soucis pour notre vie privée, mais aussi l’espoir de trouver directement aux Galeries Lafayette une partenaire disponible pour faire les soldes, en consultant simplement le radar de son téléphone portable.
Déjà, les marques essaient d’installer leur “communication corporate” sur Twitter. Le Viagra n’est peut-être plus très loin. Les vrais twittereurs sont tristes : sur ce canal libre, ils avaient retrouvé la créativité, la bonne humeur et le grain de folie d’Internet au siècle dernier.
On peut deviner comment se sifflera la fin de la récréation. Au Brésil, la Cour suprême a ordonné le 29 août dernier la fermeture du faux compte Twitter de la vraie Luizianne Lins, candidate à la mairie de Fortaleza, quatrième ville du pays, animé par un opposant motivé. Twitter compte aussi neuf faux Nicolas Sarkozy, d’innombrables fausses Sarah Palin, un faux Bill Clinton, qui ne font pas tant d’histoires. Et même un faux @areva, qui s’amuse pour l’instant en paix : “Chez AREVA, on a décidé d’affamer les petits Ethiopiens après avoir pillé les Touaregs du Niger. “ Au pire, il nous restera les personnages historiques.
De Marie-Antoinette Dans charrette. Coupe au bol affreuse. Guillotine en vue. Très dur. Adieu.
Napoléon Toujours à Elbe. Halte à la dépression. Pris décision. Je me tire.
L’encyclopédie en ligne Wikipedia assure que le premier message de Samuel Morse le 24 mai 1844 était un verset de la bible (Nombres 23 : 23) : “What hath God wrought ?” (Que fait donc Dieu ?) Les premiers mots prononcés au téléphone par Graham Bell : “Mr. Watson, come here, I want to see you.” (M. Watson, venez, je veux vous voir.) Mais quel a été le tout premier “tweet”, le nouveau code morse des foules numériques ? Cette fois, Wikipedia ne sait pas. Hop, Twitter, pour poser directement la question au fondateur, Biz Stone.
Claire @biz Comment était formulé votre tout premier tweet ?
C’est Jack Pearce qui a envoyé le premier, de San Francisco.
biz@Claire Inviting co-workers.
(J’invite les collègues.)
Source : www.lemonde.fr
Fin janvier 2008, deux câbles sous-marins, qui assurent l’essentiel du trafic Internet entre l’Europe et l’Asie, sont sectionnés en mer Méditerranée. La troublante simultanéité des coupures alimente aussitôt des théories de complot plus ou moins farfelues, évoquant parfois l’implication du gouvernement américain, en froid avec le régime iranien. Mais l’enquête est classée de manière plus prosaïque : selon les autorités de Dubaï, deux ancres de cargos sont responsables.
Il est vrai que les cas de rupture de câbles Internet ne sont pas rares au fond des océans. Selon l’entreprise Global Marine Systems, cinquante opérations de réparation ont lieu chaque année, rien que dans l’océan Atlantique. Mais les deux coupures successives au large des côtes égyptiennes ont eu un écho inattendu. Plus de 70 % des connexions Internet sont aussitôt interrompues en Egypte. Simultanément, l’Inde perd 40 % à 50 % de sa capacité réseau. L’onde de choc virtuelle aura également été ressentie dans toute la péninsule arabique et il faudra plus de dix jours pour que les opérateurs de la région rétablissent la situation.
“Il y a encore cinq ou dix ans, personne n’aurait relevé un tel événement, souligne Sami Al Basheer Al Morshid, directeur du bureau développement de l’Union internationale des télécommunications (UIT), basée à Genève. Ce qui s’est passé au Moyen-Orient démontre la nécessité d’avoir des circuits de connexion alternatifs” Car Internet, nouveau cordon ombilical des sociétés numériques, relie inégalement les habitants du globe. Une inégalité flagrante si l’on étudie la position des principaux câbles, les “backbones”, épine dorsale du réseau : plus de 1,5 million de kilomètres de câbles sur toute la surface du globe.
Disparités numériques
De fait, la cartographie du cyberespace reproduit étonnamment les disparités économiques de notre monde réel. Avec un débit de 3 térabits par seconde, la liaison transatlantique, la plus dense, représente 60 % du trafic total. Une quinzaine de câbles contribuent à offrir aux Américains et aux Européens un maillage imposant, gage d’une navigation de qualité. Des pays numériquement émergents, tels la Chine, l’Inde ou le Pakistan, sont plutôt bien dotés. A l’inverse, l’Afrique se distingue par l’atrophie de ses structures. Selon le dernier rapport annuel du cabinet d’études Terabit Consulting, 46 milliards de dollars ont été investis en vingt ans dans le monde, depuis la pose du premier câble de fibre optique en 1988, le TAT-8. Durant cette même période, seuls 934 millions de dollars (2 % des investissements) ont été dépensés en Afrique subsaharienne pour les infrastructures du réseau. De l’Afrique du Sud jusqu’à Djibouti, aucune liaison structurante ne longe les 7 000 kilomètres de côtes. Seul le câble Sat-3, posé en 2002, parcourt l’Afrique du nord-ouest au sud.
Sur le continent américain, au contraire, les principales villes américaines, comme New York ou Los Angeles, constituent autant de “cybercentres“, véritables carrefours des réseaux numériques. Mais la géographie d’Internet n’est pas un simple calque de la géographie économique, et le réseau produit aussi ses propres points de convergence : les quelque 175 000 habitants de l’île de Guam, rattachée aux Etats-Unis, disposent par exemple de débits bien supérieurs à leurs besoins, le territoire constituant un point de passage entre les Etats-Unis et l’Asie.
Les lois du marché
Comment de tels contrastes s’expliquent-ils ? L’expansion du réseau s’inscrit d’abord historiquement dans le sillage des infrastructures téléphoniques installées à la fin du xixe siècle, surtout aux Etats-Unis et en Europe. Par ailleurs, l’extension d’Internet a été très rapide. A partir de 1995, il cesse d’être un outil réservé aux militaires ou aux scientifiques, et entre dans l’ère commerciale. Dès lors, tout est à conquérir pour les investisseurs, soucieux d’attirer une clientèle de masse pour leurs infrastructures. La cartographie actuelle du réseau mondial est le signe d’un espace aménagé par les lois du marché et le paradigme du libéralisme mondialisé. Les Etats-Unis, d’où part l’essentiel des liaisons structurantes, sont le cœur du réseau.
Verizon, AT&T, Sprint ou Level : ces noms sont moins connus, surtout en France, que Google, Microsoft ou Yahoo. Mais ces entreprises, que l’expert géographe américain Edward J. Malecki surnomme les “vieux garçons” des réseaux, qui ont investi entre 60 000 et 70 000 euros par kilomètre de câble déroulé, sont en situation de quasi-monopole sur les principales autoroutes de l’information. “En regard des profits espérés, investir n’est pas cher et la maintenance est peu coûteuse, analyse Gilles Puel, maître de conférences en géographie à l’université de Toulouse. Certes, les prix baissent depuis 2000 ; mais comme le volume du trafic explose (avec la téléphonie par Internet [VOIP] et les nouveaux usages), les profits sont très importants. Selon une estimation, le prix de revient d’un appel est de 0,000001 dollar. Comparé au coût de facturation, cela donne le vertige”, commente-t-il.
Fourches Caudines
Grand opérateur européen, le français Orange passe pourtant sous les fourches Caudines des opérateurs américains. “Nous sommes connectés à tous ces réseaux, puisqu’une partie importante du trafic des pays Orange va de et vers les Etats-Unis”, explique Didier Duriez, directeur des réseaux internationaux d’Orange. Mais grâce à ses filiales, l’entreprise française assure aussi une part importante de la connexion des pays en développement. Or, dans la plupart des pays africains, les coûts de la bande passante atteignent des sommets : jusqu’à quarante fois le prix pratiqué aux Etats-Unis. “Certes, la capacité des câbles sous-marins entre en jeu, mais l’élément-clé dans la constitution du prix est le coût de l’infrastructure domestique des pays africains qui, très souvent, ne baisse pas”, se défend M. Duriez.
Pour les régions situées loin de l’épicentre américain, les coûts de connexion sont exorbitants. En 1999, l’Australie estime que la zone Asie-Pacifique doit verser 5 milliards de dollars par an aux opérateurs américains, à cause de son éloignement de la plaque continentale américaine. Pour l’Afrique, le chiffre est estimé à 500 millions de dollars par an.
Loin de la philosophie du Web 2.0 et du partage des ressources “peer to peer”, c’est-à-dire d’égal à égal, Internet est devenu un bien largement privé, organisé de manière pyramidale, dont le sommet, soit les infrastructures, est détenu par une poignée de conglomérats. “Les grandes multinationales comme Verizon et AT&T ont un grand avantage : elles ne paient rien, puisqu’elles s’échangent les données, étant du même rang. Elles font ensuite payer les entreprises de rang inférieur”, explique Gilles Puel. Car les fournisseurs d’accès, pour satisfaire les internautes en aval de la chaîne de l’information, doivent se connecter aux autoroutes principales. Et plus ils en sont éloignés, plus le tarif que demandent les “vieux garçons“ est élevé. Parallèlement, le secteur public, pris dans des difficultés d’échelle, peine à imposer aux opérateurs une logique d’accès à tous au réseau : “Au-dessus de l’Etat, il n’y a rien. En dessous, ça n’a pas de sens, c’est trop petit. Ce sont des logiques trop vastes. Les organismes internationaux sont rapidement limités et se lancent en fonction d’autres objectifs que de réduire la fracture numérique. La faim dans le monde ou la lutte contre les épidémies sont prioritaires. Les actions internationales étaient sous-tendues par des objectifs de ce genre. L’action américaine sur l’Afrique s’est faite en échange de l’abandon par chaque pays de son monopole et de l’ouverture à la concurrence “, explique Gabriel Dupuy, directeur du Centre de recherche sur les réseaux, l’industrie et l’aménagement (CRIA).
Nouveaux acteurs
Pourtant, de nouveaux acteurs pointent le bout de leur fibre : après de multiples retards, la construction du câble EASSy (Eastern Africa Submarine System) a commencé en mars 2008. Financé par la banque mondiale, ce nouveau tracé de 10 000 kilomètres pour un coût de 300 millions de dollars desservira à partir du premier semestre 2010 plus de 250 millions de personnes réparties dans les 21 pays d’Afrique de l’est et australe. Mais le “dernier kilomètre”, situé sur les terres et géré par les opérateurs locaux, reste crucial et souvent problématique. Problème de coût, mais aussi politique, les gouvernants n’ayant pas de réelle volonté d’ouvrir le réseau à tous. Alors, en attendant que l’on s’intéresse plus à eux, les Africains continuent dans la débrouille. On voit émerger “des utilisations collectives, semi-collectives voire informelles pour ne pas dire pirates”, commente Gabriel Dupuy. De petites antennes satellites collectives de fabrication artisanale fleurissent un peu partout sur le continent, offrant un accès plus ou moins stable au savoir et à l’information, pour un coût partagé, donc plus abordable.
De son côté, Google, le géant touche-à-tout de l’Internet, a compris que la maîtrise des dorsales et tuyaux-maîtres permet une mainmise encore plus affirmée sur le réseau dans son ensemble. Un consortium de six multinationales, parmi lesquelles Google, mais aussi Bharti Airtel (Inde), Global Transit (Malaisie), KDDI (Japon), Pacnet (Hongkong), SingTel (Singapour), s’est donc lancé dans la construction d’Unity, un câble optique long de 10 000 kilomètres qui reliera le Japon (Chikura) aux Etats-Unis (Los Angeles). Pour un coût de 300 millions de dollars, ce nouveau brin augmentera le maillage du réseau transpacifique de plus de 20 % à l’horizon 2010, pour se ramifier à chaque extrémité. Mais, selon Eric Schoonover, analyste du cabinet d’études TeleGeography, interrogé par le magazine Wired.com, “l’implication de Google semble, en augmentant l’offre, n’être qu’une tentative pour faire baisser les coûts de circulation des informations dans ces câbles”. Un coup de bluff, en somme.
TeleGeography affirme cependant dans sa dernière étude, parue en mars 2008, qu’au moins 25 nouvelles liaisons seront construites dans les deux ans à venir, pour environ 6,4 milliards de dollars. Une nouvelle ère d’investissements dans les liaisons sous-marines vient de débuter, plus de sept ans après la première vague de maillage intensif. Après les grandes connexions intercontinentales, ce sont les marchés régionaux qui intéressent nos “vieux garçons”. Il semblerait que, les liaisons transatlantiques étant déjà pourvues, les principales plaques continentales soient les nouveaux terrains d’investissement des multinationales des télécommunications.
La fin de l’hégémonie américaine ?
Il aura donc fallu “plus de cent ans pour que les télécommunications atteignent un milliard d’utilisateurs à travers le monde et moins de cinq ans pour atteindre le second milliard, essentiellement au moyen de la téléphonie mobile. Quelle sera la recette pour atteindre le troisième milliard d’usagers des technologies de l’information et de la télécommunication ?”, s’interroge l’Union internationale des télécommunications. Les flux transpacifiques augmentent fortement (+60 % entre 2002 et 2007) alors que, dans le même temps, les flux transatlantiques restent stables.
Cette hégémonie américaine des flux via l’épine dorsale du réseau se réduit donc au fur et à mesure de l’augmentation du trafic, mais aussi de par l’essence même du réseau, décentralisé par nature. Les informations, qui transitaient systématiquement par les Etats-Unis pour aller d’un point à l’autre de la planète, passent désormais par des nœuds situés hors du territoire américain, via des équipementiers qui ne sont pas forcément américains. Cette perte de contrôle est un réel revers pour le pays, qui entendait contrôler le trafic mondial d’Internet grâce à des accords entre la National Security Agency (NSA) et les principales compagnies de télécommunications américaines, comme le révélait le New York Times en 2005.
Un siècle et demi après les premiers essais de câblage sous-marin, cette nouvelle accélération de densification du maillage va donc profiter au désenclavement des pays émergents, à leur développement économique, mais aussi à une certaine indépendance de ces nations vis-à-vis du monopole sdu gouvernement et des “vieux garçons” américains. A moins que Google ne mette tout le monde d’accord avec ses investissements records annoncés pour le continent africain, notamment pour la mise en place d’un câble passant par l’Afrique du Sud, et par le lancement, prévu pour 2011, du SJC (South Asia Japan Cable), deuxième câble connecté à Unity reliant le Japon à l’île de Guam, à Hongkong, aux Philippines, à la Thaïlande et à Singapour.
Source : www.lemonde.fr
